12 Aug

Style : Koh Ker

Date : Xème siècle 

Règne : Jayavarman IV

Religion : Hindou

Ouverture : 7h30 à 17h30

Durée de visite : une heure et demi, 120kms de de Siem Reap

Prasat Thom ou une tour Pyramide

Koh Ker est une ancienne capitale khmère, de 928 à 944, sous le règne de Jayavarman IV. Ses ruines se trouvent à 80 km au nord-est d'Angkor, province de siem Reap, Cambodge. Les temples se situent dans la forêt à une altitude comprise entre 70 et 80 m ; le paysage environnant ne présente qu'un faible relief entre 50 et 160 m. 

Un grand nombre d'édifices khmers conservent des témoignages de l'ancien Cambodge mais ils ont été largement pillés dans les années 1970 et le début des années 1980. À l'intérieur de cette ville, le complexe du Prasat Thom a fait l'objet d'une étude très précise révélatrice des ensembles sculptés disparus, dont la plus grande sculpture de tout l'espace khmer, celle de Shiva « Seigneur des trois mondes », reconnu dès lors comme la divinité tutélaire de la royauté angkorienne. Cette étude clarifie surtout la fonction funéraire du temple khmer au moment où se fonde le culte du Devarāja, le culte rendu à la divinité tutélaire de la royauté angkorienne1.Ce nom, « Koh Ker », dérive du vieux-khmers, Chok Gargyar ou Chok Grager : « le bosquet des koki2 » 

Ensemble de Koh Ker

Plan du site de Koh Ker

Le site de Koh Ker est dominé par la pyramide à degrés, un temple-montagne,  hindou puis bouddhiste, de 30 mètres de haut, s’élevant au-dessus de la plaine et les forêts alentour. Ce n'est que l'élément le plus saillant du complexe cultuel du Prasat Thom qui s'étire sur plus d'1 km sur un axe Nord-est / Sud-ouest. Loin des foules d'Angkor, Koh Ker a un côté attrayant pour toute personne souhaitant vivre l’expérience de temples déserts et dont le silence est seulement troublé par le chant des oiseaux.

Outre la pyramide de Prasat Thom, on peut admirer à Koh Ker une concentration unique de fondations religieuses, à cette époque du Cambodge ancien :

  • Le Prasat Bram (ou Pram) constitué de trois tours de briques enserrées dans les racines,
  • Le Prasat Krachap dont ne subsistent que quelques pans de murs et de pignons et des pieds-droits de portes calligraphiés,
  • Le Prasat Banteay Pichean avec ses tours complètement éventrées,
  • Le Prasat Chin, et bien d'autres.

Le site a été proposé en 1992 pour inscription au patrimoine mondial et figure sur la « liste indicative » de l'UNESCO dans la catégorie patrimoine culturel.

Découverte du site

Le site a été étudié une première fois par l'explorateur LOUIS DE LAPORTE (entre 1866 et 1881), puis par l'administrateur Étienne Aymonnier en 1880-90. Enfin l'archéologue Henri Parmentier a publié une première enquête détaillée dans L'art khmèr classique : monuments du quadrant Nord-Est, en 1939. L'École française d'Extrême-Orient a mis en place en 2009 un programme de recherches, conduit par Eric Bourdonneau, sur le site ; recherches qui ont fait l'objet de plusieurs communications en 2011, 2012, 2013 et 2014. 

Le site et l'eau 

Prasat Koh Ker

Mme Kimlon en visite du temple de Koh Ker

L'installation de la capitale en dehors d'Angkor n'est pas exceptionnel. La capitale n'a cessé de changer de lieu à l'intérieur de la région d'Angkor et jusque sur les monts Kulen, voisins. Cependant Jayavarman IV, en s'installant à plus de 80 km d'Angkor, rompait alors avec la tradition vieille de plus de deux siècles qui voulait que la capitale soit placée dans la proximité, au moins, de la plaine d'Angkor. 

Le site de cette capitale compte deux douzaines de temples répartis sur une cinquantaine de kilomètres carrés. Plus tard, lorsque le roi disparu, la ville elle même fut abandonnée, et les temples furent envahis par la forêt pour toujours.Lorsqu'on regarde le plan, l'organisation des édifices et la gestion de l'eau reproduisent un modèle qui se retrouve dans toute la plaine d'Angkor : la relation entre les capitales de la plaine de Siem Reap et les lieux saints situés aux sources des cours d'eau qui irriguent la plaine, dans les monts Kulen. 

Visiter le temple de Koh Ker avec une agence francophone locale

Prasat Thom ou une tour de pyramide

À Koh Ker, c'est le site du Trapeang Khna (voir plan) qui assume cette fonction, en amont du temple et de la plaine. C'est le point haut de Koh Ker, à la source d'un petit ruisseau qui alimentait le bassin, image réduite des futurs gigantesques baray de la plaine d'Angkor. Ce bassin est lui-même image de l'océan de lait, aux vertus purificatrices comme celles du Gange.

Architecture 

Le sanctuaire du Prasat Thom est composé sur un axe Sud-ouest / Nord-est. L'ensemble constituant le complexe du Prasat Thom, le « lieu saint royal ». L'archéologue Éric Bourdonneau s'est posé la question de ce que contenaient ces volumes architecturaux et quelles en étaient les différentes fonctions. L'élément le plus important de la composition, entre les portes d'entrée et la pyramide, présente une douve et trois enceintes emboitées, concentriques. Une chaussée les traverse, jalonnée de quatre pavillons d'entrée. Tout au centre, la tour centrale est aussi la plus petite et abritait probablement l'image de Shiva « Seigneur des trois mondes » sous la forme d'un Linga

Temple de Koh Ker

Les trois tours dédiées aux Dieux dans l'hindouisme, dans l'ensemble du site de Koh Ker. 

L'ouverture sur le linga, de cette toute petite tour, ne mesurant qu'à peine 1 m. Plus on s'écarte du centre et plus les édifices, mais aussi les images des dieux, leurs statues, sont de plus en plus grandes. Des deux premiers pavillons d'entrée, ou gopura, l'un est le plus haut, l'autre le plus étalé. Le gopura le plus haut abritait l'une des statues les plus remarquables du Cambodge ancien, un monumental Shiva dansant, en « Seigneur des trois mondes » qu'il aura fallu reconstituer virtuellement. Cette progression du centre vers la périphérie inscrit dans l'espace architectural « l'expansion cosmique du temple ». On parvenait donc au centre du sanctuaire après avoir traversé cette succession de gopura, et de « chapelles », ou prasat, de plus en plus petites. 

Au delà du sanctuaire, et toujours sur le même axe, on rencontre la pyramide, un temple-montagne aux proportions impressionnantes. Au sommet de la pyramide à cinq gradins, à 36 m de hauteur, la tour inachevée protégeait un second symbole de Shiva, un Linga de pierre taillée et polie de plus de 4 m de haut et de 1 à 2 m de diamètre. La prouesse de ces dimensions étant inscrites trois fois, dont deux fois à Koh Ker. Ce Linga est d'ailleurs d'une taille tout à fait inédite dans le Cambodge ancien. Son piédestal était composé de blocs qui devaient peser dans les dix tonnes. Ces deux Linga du sanctuaire et de la pyramide, étaient probablement recouverts d'or. 

Ici plus qu'ailleurs au Cambodge, l'opposition entre le caractère colossal du temple-montagne et les petits volumes du sanctuaire fait clairement sens, les deux Linga se faisant échos. Le temple-montagne apparaît comme le gigantesque piédestal du Linga démesuré, « il proclame la gloire et la souveraineté du dieu en même temps que celle du roi à l'origine d'un tel exploit »

Inversement, les tout petits édifices du sanctuaire « mettent l'accent sur l'inaccessibilité de la divinité au « corps subtil comme un grain de sésame », pour reprendre une formule rencontrée sur une inscription »3.Cette formule architecturale qui aura une postérité considérable retravaille des formules antérieures, issues des temples du groupe de Rolous, Preah Ko, Lolei, et le Bakong,   mais aussi plus anciennes, à Sambor Prei Kuk ...

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.